Aujourd’hui l’agroécologie n’est pas précisément définie. Elle correspond plus à une approche qu’à une technique bien précise.

Voici quelques exemples de « définitions » de l’agroécologie:

 

« L’agroécologie (ou agro-écologie) est un concept utilisé en agriculture et en agronomie qui, selon l’usage peut désigner une discipline scientifique, un mouvement social ou un ensemble de pratiques agricoles1,2. Dans le monde, ces trois facettes s’expriment en interaction les unes avec les autres avec des modalités qui diffèrent selon les aires géographiques2.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agro%C3%A9cologie

 

« L’agroécologie est une technique inspirée des lois de la nature. Elle considère que la pratique agricole ne doit pas se cantonner à une technique, mais envisager l’ensemble du milieu dans lequel elle s’inscrit avec une véritable écologie. Elle intègre la dimension de la gestion de l’eau, du reboisement, de la lutte contre l’érosion, de la biodiversité, du réchauffement climatique, du système économique et social, de la relation de l’humain avec son environnement… Elle est basée sur la recréation de l’humus comme force régénératrice des sols et sur la relocalisation de la production-transformation-distribution-consommation comme élément moteur d’un nouveau paradigme social.

Extrait du « Manifeste pour la Terre et l’Humanisme » Pierre Rabhi (Actes Sud)

 

L’agroécologie c’est « Une science qui conçoit des systèmes agricoles productifs et durables… et qui fait dialoguer les pratiques agricoles traditionnelles, employées depuis des centaines d’années par les paysans, et les connaissances modernes en agronomie, écologie et sciences sociales. »

Miguel Altieri

 

Ce que nous retenons principalement de ces définitions et de notre mise en pratique à travers les actions de l’ADAF, c’est que l’agroécologie s’inspire des fonctionnements naturels pour gérer la fertilité des écosystèmes. C’est une approche permettant de passer d’une logique d’exploitation des ressources naturelles à une logique de gestion, d’optimisation des processus naturels. De plus, on ne pense pas la parcelle agricole en dehors de son environnement mais comme un élément d’un écosystème complexe, qui nécessite que chacun de ses composants soit en bonne santé pour pouvoir exprimer au mieux son potentiel.

 

Chaque situation étant particulière , il existe autant de pratiques agroécologiques que de fermes gérées selon ces principes. Aucune recette toute faite ne peut être considérée. Le rôle des paysans est alors fondamental, ils doivent trouver les solutions aux spécificités de leur ferme. Ce point est important aussi car il redonne de l’autonomie et de la complexité au métier d’agriculteur. Cela remet également en question le mode de fonctionnement actuel de notre agriculture. Les décisions et innovations ne se font plus selon une verticalité où des spécialistes et techniciens donnent des recettes infaillibles aux agriculteurs, mais au contraire, chaque paysan se doit d’observer, d’analyser, de tester et d’innover, c’est l’acteur des choix à mettre en place sur sa ferme.

 

Les deux grandes forces de l’agroécologie sont donc dans la réconciliation. La réconciliation de l’agriculture avec l’environnement, la nature, la biodiversité, et la réconciliation de l’agriculteur avec la société et son métier de paysan, l’un des plus nobles, passionnants et importants dans notre société.

A.M.C