Retour sur le suivi des plantations agroforestières

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Ces dernières semaines, l’équipe de l’ADAF sillonne le territoire pour assurer le suivi d’une centaine de fermes ayant mené des projets de plantation agroforestière ces dernières années. Chaque visite est un moment de dialogue et de co-construction avec les agriculteurs et agricultrices autour de la haie et de l’agroforesterie.

 

Objectifs :

✔️ S’assurer du respect et échanger sur les différents itinéraires techniques de plantation et d’entretien des jeunes plantations

✔️ Observer la reprise et la croissance des jeunes plants

✔️ Identifier les besoins de regarnis pour l’hiver à venir ainsi que les futurs projets de plantation.

 

N+1, N+2, N+3, les trois premières années sont décisives !

Le pôle Agroforesterie de l’ADAF suit plusieurs indicateurs importants :

✔️ Le nombre d’arbres plantés par rapport au prévisionnel

✔️ Le taux de mortalité : c’est-à-dire le nombre de plants morts sur le nombre total de plants (par aménagement et sur la totalité de la ferme).

✔️ L’état sanitaire de la haie : maladie, vigueur, attaques sur les feuilles, signes de stress hydrique, dégâts gibier.

✔️ L’adaptation des essences : repérage des essences qui ont bien poussé et celles qui présentent des difficultés.

✔️ L’état du paillage : dégradé ou non, à regarnir ou pas, si oui comment / avec quoi (le paillage est primordial les premières années).

✔️ La gestion de l’enherbement : observation des plantes herbacées concurrentielles à l’intérieur des protections, sur le rang et en bordure de rang.

✔️ L’irrigation : matériel d’irrigation, fréquence d’arrosage et quantité d’eau. Notre recommandation : un arrosage lent et profond au pied des racines (donc pas d’arrosage superficiel, pas trop fort), avec environ 30 litres/arbre/mois pour que les plants s’habituent aussi à la sécheresse.

⚠️ Attention toutefois sur les taux de mortalité !

Les chiffres sont à relativiser car nous travaillons avec le 𝐯𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭, donc les causes de réussite ou d’échec sont toujours multifactorielles et à envisager dans le cadre du projet global (qualité des plants, bon déroulement du chantier de plantation, qualité du paillage et de l’irrigation, conditions pédoclimatiques de la ferme, nature du sol, aléas climatiques…).

👉 Par exemple, certains projets ont un taux de mortalité de 10% (ce qui peut paraître élevé). Mais si la majorité des plants vivants sont sains et avec une bonne dynamique de croissance, nous considérons que c’est un projet réussi.

👉 À l’inverse, certains projets ont 5% de mortalité ou moins (taux excellent) mais une faible croissance sur l’ensemble des plants. Nous échangeons alors avec l’agriculteur ou l’agricultrice pour savoir si c’est un problème d’enherbement, de paillage, de stress hydrique, etc.

Ensuite, nous établissons ensemble le nombre de plants à regarnir et choisissons les espèces les mieux adaptées.

 

En conclusion, un projet réussi c’est autant la vitalité des plants que la qualité du suivi et de l’entretien. Ces temps d’échanges privilégiés avec les agriculteurs et agricultrices permettent d’avoir un accompagnement complet en encourageant le regarnissage des plants tout en fournissant des conseils techniques en agroforesterie pour la suite.

 


Quelles essences privilégier dans les haies agroforestières ?

C’est une question que vous nous posez fréquemment et qui complète les questionnements autour des suivis. Parmi les nombreuses espèces que nous avons l’habitude de sélectionner pour nos projets, en voici 3 que nous apprécions particulièrement à l’ADAF.

✔️ Le mûrier blanc >> Arbre de haut-jet à croissance rapide, comestible et très adaptable : il supporte une grande variété de sols. C’est aussi une essence patrimoniale, autrefois conduite en têtard pour nourrir le ver à soie.

✔️ Le cerisier de Sainte-Lucie >> Un arbuste intermédiaire robuste, doté d’un feuillage dense et mellifère. Les suivis montrent une forte croissance, ce qui en fait un excellent élément structurant dans les haies. Un très bon brise-vent avec sa densité de feuillage et porte-greffe sur les terrains secs et calcaires.

✔️ Le cornouiller sanguin >> Un buisson très résistant, parfait pour le “bourrage” bas dans les haies brise-vent et particulièrement résistant au sec. Une essence mellifère et adaptée à tous les types de sol, un indispensable dans nos compositions.

Sur les photos, les jeunes arbres ont tout juste 2 ans (1 an en pépinière + 1 an en pleine terre).