Retour sur la rencontre technique du lundi 6 mars 2023 – ACS et évaluation de la fertilité des sols

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En ce début de semaine, une rencontre technique dédiée à l’agriculture de conservation et à la fertilité des sols a eu lieu à la Bâtie Rolland, sur la ferme de Robin Perdriolle. Robin est en travail du sol simplifié et en agriculture biologique depuis une dizaine d’années; il a aussi installé depuis 2 ans un atelier d’élevage bovin viande pour notamment mieux valoriser ses pratiques d’intégration de prairies permanentes.

Claire Martin, animatrice des captages des Reynières et de la Tour, a entamé cette rencontre en présentant les résultats sur la qualité de l’eau des bassins (positif sur l’azote mais des seuils limites sur certains produits phytosanitaires).

L’après-midi a été riche en questions notamment sur les possibilités de combinaison entre agriculture de conservation des sols (ACS) et cultures semencières. De nombreux échanges ont aussi eu lieu sur le choix des couverts ou autour des points fondamentaux pour se lancer en ACS.

Poster explicatif sur la transition en ACS ©ADAF

Cette rencontre était aussi marquée par la venue d’Ophélie Sauzet, enseignante-chercheuse et très proche collaboratrice de Pascal Boivin (l’un des plus grands spécialistes des sols agricoles en Europe), avec qui nous avons réalisé un tour de plaine et une évaluation participative des sols de la ferme.
Pour évaluer ces sols, nous avons utilisé le test “VESS” qui est l’outil utilisé par tous les agriculteurs du canton de Genève. Il consiste à extraire un bloc de sol en donnant une note de 1 à 5 à chacun des horizons.  Les horizons très friables et riches en matière organique vont permettre une meilleure rétention de l’eau ainsi qu’un meilleur développement des racines; au contraire, les horizons compactés vont limiter le développement racinaire des plantes et vont limiter l’infiltration de l’eau. De plus, une rupture nette d’horizons ou semelle (créée par des passages mécaniques répétées à la même profondeur) va limiter la remontée d’eau par capillarité le long du profil.

Plusieurs sols ont été analysés chez l’agriculteur sur des parcelles en colza, en orge et en couvert végétal de féverole.
Il était possible de distinguer des zones plus compactes (semelles) sur les prélèvements dues au passage du matériel TCS vers 15 cm ou aux anciennes pratiques comme le labour vers 25 cm. Ces zones plus compactes vont 1) avoir un impact sur la croissance des racines qui vont avoir tendance à se développer à l’horizontale (cf photo colza) et 2) freiner fortement la remontée par capillarité de l’eau située en profondeur (rupture de capillarité). Ces 2 problèmes vont avoir un impact majeur sur l’accès à l’eau et la résilience des cultures dans des conditions printanières et estivales de plus en plus séchantes.

Pour des horizons avec une note supérieure à 4, il est important d’intégrer des pratiques réparatrices: l’intégration de couverts végétaux annuels et/ou de légumineuses pérennes est fondamentale; du sous-solage réalisé dans des bonnes conditions (sols plutôt secs et, de préférence, avec une couverture vivante) est souvent aussi nécessaire pour initier le processus de restructuration.

Pour plus de facilité, le test VESS peut également être réalisé sur un bloc de sol prélevé par un chargeur télescopique ou un chargeur frontal, cette méthode étant très proche de celle du mini profil 3D.

Par ailleurs, des tests plus poussés en laboratoire sont nécessaires afin de mieux connaître l’état de son sol et de pouvoir adapter ainsi ses pratiques: pH, rapport matière organique/argile,…



Mots-clés: agriculture de conservation des sols (ACS), couverts végétaux, stockage du carbone, rotation de culture, travail du sol, non-labour, développement racinaire, analyse de sol, travail cultural simplifié (TCS), semis direct