Qu’est-ce que le Maraîchage sur Sol Vivant ?

Le Maraichage sur Sol Vivant (MSV) a été initié par des maraîchers en 2012. Le maraîchage sur sol vivant englobe des principes et pratiques agroécologique qui « remettent le sol au cœur du système de culture en garantissant le gîte et le couvert à la macro et micro-faune du sol »[1]. Le maraîchage sur sol vivant se base sur des principes similaires à l’agriculture de conservation des sols en grandes cultures et puise son inspiration dans des méthodes et philosophies telles que la permaculture, le maraîchage bio-intensif, et l’agriculture naturelle. Le maraîchage sur sol vivant repose sur des principes agroécologiques qui visent à améliorer les services écosystémiques -i.e. les services rendus par les écosystèmes aux sociétés humaines- tels que la protection des sols, la protection et la purification de l’eau, la protection de la biodiversité, le recyclage des nutriments, la séquestration du carbone, la pollinisation… Le maraîchage sur sol vivant se base donc sur deux grands principes agroécologiques : la couverture permanente des sols (avec des engrais verts, couverts végétaux, mulchs, diversification végétale, bâches…)etla réduction du travail du sol.

Ces méthodes aujourd’hui largement étudiées en grandes cultures (agriculture de conservation des sols ou semis sous couvert végétal), permettent de protéger et de régénérer la santé des sols en accroissant la biodiversité végétale et la biodiversité des sols, en entretenant la biologie des sols et en favorisant le recyclage des nutriments. La FAO et de nombreux chercheurs promeuvent d’ailleurs ces méthodes de production durables pour répondre aux changements auxquels l’agriculture est aujourd’hui confrontée : devenir résiliente aux chocs climatiques et produire suffisamment d’aliments pour nourrir une population grandissante tout en protégeant et accroissant les services écosystémiques. Ainsi, les systèmes de culture en maraîchage sur sol vivant miment le fonctionnement des écosystèmes naturels, par l’utilisation de processus écologiques et de cycles naturels pour la production

En général, les pratiques développées sur les fermes en maraîchage sur sol vivant se caractérisent par :

  1. La réduction du travail du sol (diminution du nombre de passages d’outils, diminution de l’impact sur les sols, non travail du sol)
  2. Les apports de matières organiques (apports massifs pour régénérer les sols, mulchs, amendements…)
  3. La culture d’engrais verts et couverts végétaux
  4. L’utilisation de bâches d’occultation
  5. La gestion préventive de l’enherbement et de la santé des cultures

Le maraîchage sur sol vivant prend des formes différentes selon les contextes locaux (sol, climat, débouchés économiques, organisation sociale), les valeurs et points de vue propres au(x) maraîcher(e)(s). Il n’existe donc pas de système « type » mais une large variété d’adaptations propres à chaque situation.


[1] https://normandie.maraichagesolvivant.fr/qui-sommes-nous/


La méthodologie

Les objectifs du GIEE MSV Drôme-Ardèche sont :

  • La diminution des charges et l’amélioration des rendements
  • L’amélioration du travail : diminution du temps de travail, amélioration du cadre de vie, diminution du stress, amélioration des compétences
  • L’amélioration de la fertilité des sols, du bilan carbone et diminution de l’érosion.

Reconnu GIEE en 2020, les actions du GIEE reposent sur :

  • Le partage d’expériences (visites bout de champ, réunions)
  • L’amélioration, la capitalisation et la diffusion des connaissances
  • L’adaptation d’itinéraires techniques et la mise en place d’essais de techniques innovantes

Les fermes membres du GIEE participent également à un projet de recherche-action participative en tant que fermes pilotes. La recherche-action participative action (Méndez et al., 2017; Méndez et al., 2013) permet d’induire des changements durables en incluant les acteurs du système agricole en tant que participants actifs d’un processus itératif intégrant recherche, réflexion et action. La méthodologie du projet se caractérise donc par :

  1. L’engagement des agriculteurs des fermes pilotes,
  2. Le caractère collectif des actions,
  3. Des actions centrées sur l’adaptation locale de pratiques agroécologiques,
  4. La considération des systèmes de culture au sein de leurs contextes socioéconomiques et biophysiques,
  5. Le développement de stratégies visant des bénéfices sur le long terme tels que l’augmentation du taux de matière organique, l’amélioration de la qualité de l’eau, l’atténuation du changement climatique, la préservation de la biodiversité etc.  

Le développement des pratiques agroécologiques sur les fermes pilotes se fait donc suivant la démarche de l’expérimentation système (Havard et al., 2017). Un des atouts de l’expérimentation système réside dans les échanges nombreux et variés entre différents protagonistes, permettant le partage de connaissances (scientifiques, techniques, culturelles, ou savoir-faire) et permettant de catalyser les innovations et améliorations sur les fermes.

Étapes de la méthodologie de l’expérimentation système suivie au sein du projet, en parallèle des rencontres du GIEE

Les fermes membres du GIEE

Les fermes membres du GIEE MSV Drôme-Ardèche sont hétérogènes en termes de taille et de niveau de mécanisation. Les surfaces cultivées en maraîchage sont comprises entre 3 000 m² et 20 ha. Cinq fermes cultivent moins de 1ha tandis que 4 fermes cultivent entre 1 et 3ha, et deux fermes cultivent plus de 3ha. Les fermes emploient entre 1.2 et 11 UTH, avec en Moyenne 3 UTH par ferme. Ainsi, 10 fermes sont en dessous du seuil de 1.5ha par UTH. Les productions sont très diversifiées. Toutes les fermes combinent la production maraîchère avec d’autres productions telles que les productions animales (brebis, poules pondeuses), la production de fruits et petits fruits. Cinq fermes ont un verger-maraîcher où les légumes sont cultivés entre les lignes de fruitiers, bien que les fruitiers ne soient pas encore tous en production. Quatre fermes ne sont pas mécanisées pour la production maraîchère, tandis que deux fermes ont un haut niveau de mécanisation et que deux autres fermes combinent la mécanisation à la traction animale. Toutes les fermes sont en agriculture biologique bien qu’une ferme ne soit pas certifiée. Les produits sont généralement vendus en circuits courts, soit en vente directe sur la ferme, via des paniers, ou sur les marchés, soit via des magasins de producteurs ou des magasins bio. Deux fermes vendent également leurs produits à des restaurants. Quatre fermes vendent également des produits transformés comme des lactofermentations, coulis, veloutés, et des plats cuisinés (traiteur). Une ferme ne commercialise pas ses productions car tout est consommé sur place sous forme de restauration collective. Trois maraîchers sont issus de milieu agricole, c’est-à-dire qu’ils ont grandi sur une ferme, tandis que la plupart des maraîchers se sont reconvertis. Sept maraîchers ont passé un BPREA avant de s’installer. La plupart des maraîchers avaient moins de trois ans d’expérience en maraîchage avant de s’installer.

Pour en savoir plus sur les fermes membres du GIEE, n’hésitez pas à télécharger leurs fiches fermes :

Les Noyers

Les légumes de Iles féray

Les Gleizolles

Les buis

Le temps des légumes

La ferme du rougequeue

Jardin divers

GAEC des Chabottins

Emmanuel Giacomazzi

Les Amanins (disponible prochainement)

Valéry Martineau (disponible prochainement)